Les exercices statiques et en déplacement

Taikiken signifie « poing de la grande énergie ».

Cet article a été écrit en collaboration avec Jean-Christophe Maurin (un grand merci à lui pour toutes les précisions).

J’ai également repris de nombreuses citations du livre de Senseï Marshall McDonagh (YOSHINKEN – My way in Taikiken).

Ristu zen, Hai, Yuri… = travail interne pour développer son ki.
Neri, tanshu = travail externe pour utiliser son ki pour les attaques et défenses

Ritsu zen
« Ritsu » signifie debout et « zen » méditation (méditation debout également appelée la position de l’arbre : les racines sont les pieds et les jambes, le tronc est le buste, et les branches sont les bras).

Ritsu zen est la base du Taikiken. Les conseils de Maître Sawaï : Ritsu zen se pratique idéalement en extérieur et le matin. Apprenez de la nature : Ritsu zen apporte la sensation d’être en harmonie avec elle. Vous devez être flexible concernant votre attitude envers l’endroit et les conditions dans lesquelles vous pratiquez. Vous devez pouvoir vous entraîner n’importe où et quand. Si possible pratiquez face à un arbre qui a une résonance particulière pour vous, qui vous inspire. On ne peut pas pratiquer le Taikiken sans avoir d’abord développé son Ki. C’est un des buts de Ritsu zen et c’est pour cela que Ritsu zen occupe une place si importante dans l’entraînement. Maître Sawaï :  « Without Ki, there is no Taiki ! ».

Pour débuter, ne pas s’encombrer l’esprit de trop de choses, ne pas essayer de tout ressentir, les sensations arriveront progressivement quand le corps sera prêt (certaines après des années de pratique).

Placer tout d’abord ses pieds parallèles voire très légèrement ouverts ; éviter d’orienter les pointes de pieds vers l’intérieur afin de préserver les ligaments des genoux ; les écarter de maximum une largeur d’épaules/ une largeur de hanches ; prendre conscience des 10 points qui reposent sur le sol (le talon, les deux coussinets, les 5 orteils, la partie extérieure et la partie intérieure du pied), être bien en contact avec la terre.

Puis placer son poids de corps vers l’avant (sur la plante des pieds), en décollant très légèrement les talons (pour venir par l’esprit glisser une feuille de papier à cigarettes sous les talons). Les genoux sont légèrement fléchis, déverrouillés, ni trop ouverts, ni trop fermés (légèrement vers l’intérieur, et pas au dessus des orteils). Sensation d’être assis dans son bassin (rétroversion du bassin, mais pas de contraction, muscles fessiers relâchés). Avoir le dos droit, chercher la verticalité.

Le menton est très légèrement rentré vers la poitrine pour combler le creux occipital, le haut de la tête dirigé vers le ciel pour permettre la circulation des énergies (méridien ciel/terre).

Les bras forment un cercle, un peu plus haut que les épaules, sensation de tenir un ballon fragile et ovale au creux de ses bras. Il est important de dégager la cage thoracique ; les doigts se font face et forment un creux (sensation de tenir un bol de riz, et écartement des deux mains = entre 1 à 2 poings, et 3 poings entre les doigts et le plexus) ; les doigts sont connectés entre eux, et écartés. les coudes sont très légèrement en dessous du niveau des mains. Les épaules sont relâchées, et la tension pour maintenir les bras en haut se fait au niveau des aisselles et non pas des épaules. La montée et descente des bras doit s’effectuer lentement, sans à coups.

Il faut absorber l’énergie de la Terre, l’énergie doit circuler librement et passer entre les mains proches mais non jointes. Pas de tension musculaire (relâcher le corps). Eviter de penser à quelque chose, vider son esprit de toute contrainte. La respiration est naturelle. Le regard est lointain (horizontal ou très légèrement au-dessus de l’horizon), pas de tension des globes oculaires. Même si cette position semble statique, le corps doit progressivement bouillonner d’énergie, être en mouvements internes (non visibles). Ritsu zen ne doit jamais être passif.

La moitié inférieure du corps est enracinée, la moitié supérieure tirée vers le ciel (par un fil de soie fragile qui part du sol, nous traverse et se tend vers le ciel). L’énergie circule en cercle (ou en spirale pour certains). Ce n’est en aucun cas une position statique : extérieurement on est enraciné, mais intérieurement l’énergie bouillonne, et on reste à l’écoute des sensations internes (circulation sanguine, respiration, muscles…) et on prend conscience à la fois de son corps et de son environnement.

Les ballons : imaginer 1 gros sur lequel on est assis, 1 entre les deux genoux, 1 entre les bras et le plexus, 1 petit entre le menton et la poitrine, 2 sous les aisselles, 2 sous les creux poplités et 2 au niveau de l’aine (un de chaque côté pour réaliser la rétroversion du bassin). Trop de pression et les ballons éclatent ; pas assez et ils s’envolent.

C’est une position personnelle, donc chacun développera sa propre position au cours de sa pratique martiale, adaptée à son ressenti et à ses capacités physiques. Les conseils de Maître Sawaï (source = le livre de Marshall Mc Donagh) : minimum 15 minutes, régulièrement, puis progressivement plus longtemps. Choisir des vêtements confortables, pas trop étroits, pour une totale liberté de mouvements.

Hanzen
« Han » signifie moitié, demi et « zen » méditation. Moitié travail interne (vers soi), moitié travail externe (vers les autres)

Les deux pieds à plat (ou selon les personnes, le talon du pied avant légèrement relevé comme en kokutsu dachi), un pied devant l’autre, 1 largeur d’épaules entre les deux, 60 à 70 % du poids du corps sur le pied arrière.

La main du pied avant un peu plus haut que l’épaule, avec les doigts de la main avant à la hauteur des yeux, l’autre main un tout petit peu plus bas, position des mains comme pour ritsu zen (avec les coudes quasiment à l’horizontale juste un peu en dessous des mains, afin de ne pas casser la circulation d’énergie). Le bras avant est en position du bouclier, et le bras arrière en position de la lance.

C’est la position de combat du Taikiken.

Yuri
« Yuri » signifie osciller, balancer.

Cet exercice est à pratiquer après Ritsu zen. On passe de ritsu zen à yuri en orientant le pied avant dans l’angle à 45°.

En position hanzen, on vient expirer en poussant le ballon devant soi, puis inspirer en tirant le ballon. On opère une oscillation : on fait passer le poids du corps du pied arrière sur le pied avant, puis inversement, en faisant circuler l’énergie. Les mouvements doivent être exécutés lentement, de façon fluide pour ne pas perdre le bénéfice du ressenti lors de ritsu zen (si on va trop vite ou trop saccadé, l’énergie risque de « fuiter »). Les bras n’ont pas besoin d’effectuer une trop grande amplitude de mouvement, mais les mains ne doivent pas trop se rapprocher du plexus (conserver la distance du ballon). Les doigts doivent être en tension (pas mous et tombants, et pas trop contractés non plus). Ne pas oublier de mettre de l’intention (être à 100% dans ce qu’on fait, ne pas penser à autre chose), et avoir conscience de l’énergie qui circule dans le corps.

A faire au moins 3 fois de chaque côté.

Hakkei
« Hakkei » signifie le jaillissement de la force.

En position hanzen, une main au niveau du hara, et l’autre posée dessus, on vient pratiquer quelques cercles très courts des bras pour accumuler l’énergie, puis la laisser sortir en expulsant l’air de façon très rapide (un genre de kiai pas très sonore, mais dans lequel on concentre toute l’énergie accumulée, explosif comme un éternuement). L’énergie vient du hara et sort par la bouche.
A faire 1 fois de chaque côté.

Haï
« Haï » signifie ramper.

Les genoux sont fléchis, ni trop ouverts ni trop serrés, les mains à hauteur des épaules (ou à hauteur de la tête si on pratique le haï haut), doigts en « antennes » pour capter l’énergie, avec rétroversion du bassin. Il faut être le plus bas possible sur sa position (cuisses fléchies). Les bras et le haut du corps doivent rester souples et ne pas perdre le bénéfice ressenti pendant yuri.

Avancer très doucement, lentement, genoux serré (protection du bas-ventre), regard au loin. Avancer en zig zag léger, on lève le pied, on le déplace vers l’avant vers l’extérieur comme si on faisait rouler une bille sur le sol, on pose d’abord le talon, puis le pied, on transfère le poids du corps du talon vers les orteils, puis du pied arrière vers le pied avant, puis on décolle le pied arrière et on le ramène vers l’avant, et on répartit le poids du corps quand les deux pieds arrivent à la même hauteur, on lève l’autre, etc…. Les pratiques peuvent différer dans la façon de lever ou déposer le pied. Les bras, les épaules et la tête restent de face. Les mouvements sont souples et fluides, sans force ni crispation.
Il faut se déplacer aussi lentement que possible : une personne située en haut d’une colline ne devrait pas voir bouger la personne qui pratique haï dans la vallée.

Neri
« Neri » signifie pétrir (dans le sens pétrir une pâte pour la rendre parfaite et prête pour faire du bon pain, c’est-à-dire comprendre les mouvements de base, les intégrer pour ensuite être à même de les utiliser en combat de façon naturelle et spontanée, sans y penser). Les Neri sont comme le kihon pour le karaté : l’apprentissage des mouvements, et le principe que la technique s’acquiert par la répétition.

Ce sont divers exercices en déplacement, à partir de la position haï. Les bras opèrent des mouvements circulaires ou linéaires, ensemble ou de façon indépendante (extérieur vers intérieur, intérieur vers extérieur, avant vers arrière, arrière vers avant…).

Suishu
Suishu = technique des mains collantes.
Cet exercice se pratique à deux. Les mains en contact avec celles du partenaire, et un guide et l’autre suit (en statique ou en déplacement).

Tanshu
Tanshu ressemble à notre shadow boxing du karaté.
Les mouvements commencent lentement, puis s’accélèrent au fur et à mesure.
Il est primordial de visualiser la présence d’un ou plusieurs adversaires.
Il faut être constamment en mouvement, avec la force et l’attention portées vers l’avant, même quand on se déplace en reculant.
Il faut se déplacer de façon naturelle, ne pas chercher à réaliser des positions élaborées.
Il appartient à chacun de trouver son rythme, ses mouvements, ses techniques en fonction de sa personnalité et sa condition physique.
Tanshu doit inclure tous les principes et techniques du Taikiken.
Chercher souplesse et fluidité, avec explosivité dans les actions, et surtout de l’intention (master moving). Surtout ne pas faire des mouvements vides de sens.

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